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Sa révérence à Trèbes

Cérémonie tenue le 31 mai 2011 à 10 h 45

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Portrait

Une cérémonie d’au revoir simple, mais très émouvante en paroles, poésie et chansons, avec la participation de sa famille, amis et artistes proches

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AUTO-PORTRAIT

Anne-Marie nous parle d'elle et de sa vie,

par la voix de son époux et compagnon
Hugo Urrestarazu

Eprise de liberté,

un beau jour j'ai mis la route

sous mes souliers,

mon sac sur le dos

et j'ai pris le chemin

vagabond de mes rêves.

Je suis devenue au fil du temps

et des contrées traversées,

quêteuse de mémoire.

J'ai marché à contre-courant,

à contre-sens.

Je n'ai emprunté

que des chemins de traverse,

et j'ai fait ma vie buissonnière.

Et j'ai marché, marché...

Joies, peines, amours, désirs,

le terreau fertile de ma vie,

je l'ai un jour fiancé au conte,

à la magie.

Je les ai reliés

à la merveilleuse aventure du verbe.

Chemins de récits ancestraux

ou racontées citadines contemporaines,

c'est la même quête de verité,

de partage.

Le désir d'être relié à l'univers,

au monde, aux autres.

Que le conte me prenne

et laisse en moi sa beauté,

son mystère, son sens.

Mon chemin,

nécessaire et suffisant,

est de le passer,

simplement...

Une chercheuse d'or

 

MP3 - 2.8 Mo








(Cliquez sur l'image pour écouter la chanson)
TONADA DE LA LUNA LLENA

Chanson de "ordeño" du chanteur vénézuelien
Simón Díaz
qu'Anne-Marie aimait tout particulièrement. Cette musique, que l'a accompagnée dans son dernier voyage, était sa source d'apaisement et de ses heureux souvenirs de notre séjour à l'Île Margarita

 

 

 

 

 

 

 

TRADUCTION

par Hugo Urrestarazu

Yo vide una garza mora

dándole combate a un río

así es como se enamora

tu corazón con el mío.

 

Luna, luna, luna llena...

menguante

 

Anda muchacho a la casa

y me traes la carabina ... ! jiooo !

pa' matá' este gavilán

que no me deja gallina.

 

La luna me está mirando

yo no sé lo que me ve

yo tengo la ropa limpia

ayer tarde la lavé.

 

Luna, luna, luna llena...

menguante

 

J'ai vu l'héron brun

s'attaquer à la rivière

ainsi tombe amoureux

ton coeur dans le mien

 

Lune, lune, pleine lune...

en déclin

 

Vas-y mon garçon au foyer

amène-moi le fusil... Jiooo!!!

pour tuer cet épervier

qui ne me laisse pas de poule.

 

La lune me regarde

je ne sais ce qu'elle me trouve

j'ai mis mes habits propres

hier soir je les ai lavés

 

Lune, lune, pleine lune...

en déclin.

DESPEDIDA

(REVERENCE)

 

 

Poème du poète Espagnol, Gabriel Celaya,
qu'Anne-Marie avait considéré un jour comme ses propres paroles d'AU REVOIR. Son titre aura été traduit par "ADIEU", mais ce sens si définitif du mot français ne correspond pas à celui du mot espagnol "DESPEDIDA", qui laisse ouverte la possibilité de se retrouver.

 

 

 

 

 

 

TRADUCTION

(version de
Pierre-Olivier Seirra,

retouchée par
Hugo Urrestarazu)

 

 

Quizás, cuando me muera,

dirán: Era un poeta.

Y el mundo, siempre bello,

brillará sin consciencia.

 

Quizás tú no recuerdes

quién fui, mas en ti suenen

los anónimos versos que un día

puse en ciernes.

 

Quizás no quede nada

de mí, ni una palabra,

ni una de estas palabras

que hoy sueño en el mañana.

 

Pero visto o no visto,

pero dicho o no dicho,

yo estaré en vuestra sombra,

!Oh hermosamente vivos!

 

Yo seguiré siendo,

yo seguiré muriendo,

seré, no sé bien cómo,

parte del gran concierto.

 

Gabriel Celaya,

("Paz y Concierto", 1952-1953)

 

Il se peut que lorsque je mourrai

on dise: C'était un poète.

Et le monde, toujours beau,

brillera sans conscience.

Il se peut que tu ne te rappelles pas

qui je fus, mais qu'en toi résonnent

les vers anonymes qu'un jour j'ai mis à germer.

Il se peut qu'il ne reste rien

de moi. Pas même un mot,

Pas même un de ces mots

avec lesquels je rêve aujourd'hui

depuis le lendemain.

Mais vu ou pas vu,

mais dit ou pas dit,

je serai dans votre ombre,

oh ! les beaux vivants !

Je continuairai d'être,

je continuerai de mourir,

je ferai, je ne sais pas bien comment,

partie de la grande harmonie.
 

lu par Hugo Urrestarazu


JUSTE LUI DIRE MERCI...

 

 

 

 

Anne-Marie est quelqu'un d'extraordinaire. Je le dis car elle est et sera toujours une personne extraordinaire à travers nos pensées, à travers ses conseils, ses contes et ses convictions.
Elle nous a aidé à surmonter l'absence de notre père José, à moi, Clara et Aude.
A la mort de ma mère, elle m'a fait aussi surmonter ce gouffre, ce manque.

Je veux ainsi juste lui dire merci, merci pour tout ce qu'elle a fait pour ma famille.
Merci, Anne-Marie.

P.S. Aude, excuse-moi pour les fautes d'orthographe.

Pablo Lopez del Rio, 14 ans. (message lu par Aude)

(Son "neveu", fils de José, son premier mari)

 

L'AMOUR EST TA COULEUR

Je me souviens de tant de choses... Ton sourire et tes cheveux rouges lorsque tu m'as accueillie chez toi avec papa la première fois. J’étais gamine...

Tous plein de petits détails de qui tu étais et de ce que tu faisais: la musique que tu aimais et que je découvrais, les verres cassés et les petites cuillères toujours insuffisantes.

Notre semaine de ballades à vélo pour quelques kilos en trop... on s'est bien marré !

La chaleur de tes paroles et des moments de vie partagés avec toi et toute notre famille...

Ton univers merveilleux habité de fées, de monstres, de personnages irréels et pourtant si présents et vivants à t'écouter les conter... et tant d'autres choses...

Rouge est ta couleur... l'Amour est ta couleur

Rouge comme tes cheveux, comme tes paroles, comme tes bijoux et tes robes.

Papa et toi nous avez offert le plus bel exemple d'amour que j'ai pu voir de mes jeunes yeux...

Tu m'as beaucoup appris, beaucoup donné.

Tu nous as donné notre famille nouvelle.

Je veux dire à chaque membre de cette belle famille que je l'aime...

Et toi, ma petite Anne-Marie,

je t'aime autant.

Elisa Urrestarazu

(sa belle-fille)


EXTRAORDINAIRE

EXTRAORDINAIRE, c'est le nom de la journée que je coordonne aujourd'hui et qui m'empêche d'être là, parmi vous.

EXTRAORDINAIRE, c'est la femme que tu étais et seras toujours dans mon coeur et pour les tiens.

EXTRAORDINAIRE, c'est l'amour qui rayonnait de ton être, dans lequel je baignais les moments passés près de toi.

EXTRAORDINAIRE, c'est ton rire, ta joie de vivre et tout le sens que tu donnais aux manifestations de la vie.

EXTRAORDINAIRES sont tes contes et leurs puissances.

EXTRAORDINAIRE est ton âme et le bonheur de t'avoir rencontré.

EXTRAORDINAIRE est ton chemin de vie.

EXTRAORDINAIRE, EXTRAORDINAIRE, tu étais, tu es et tu seras toujours.

Puisses-tu aller en paix où ton chemin te mène, avec tout mon amour et celui de ceux qui t'entourent.

Emilie Berthon

(lu par Nicolas Lessieux)


Si je m'envole sur les ailes du matin pour aller au-delà des mers...

 

 

 

 

Le conte à Saint Julia m'a fait connaître Anne-Marie, et Anne-Marie par le conte m'a émerveillée. Les contes, les marchés au Falga, ont fait se croiser nos chemins, souvent . En ce début d'année 2011, Anne-Marie m'a avec précision tenue au courant de son état de santé et expressément demandé d'être à ses côtés dans cette dernière ligne droite d'un chemin que notre famille a parcouru aux côtés de notre tendre Marie, notre enfant disparue aujourd'hui emportée par la même maladie. Anne-Marie m'a demandé cela afin de connaître la source de cette force qui animait Marie et nous a soutenus durant cette terrible épreuve. C'est notre Foi qui fut et demeure notre force car fondée sur l'Espérance, celle d'un "après" réunis auprès de Celui aux yeux duquel Anne-Marie a du prix. La lecture suivante contient le passage qui l'a profondément touchée , lors d'un après-midi de février.

Le Psaume 139 :
" Seigneur, tu regardes jusqu'au fond de mon coeur et tu me connais. Tu sais quand je m'assois et quand je me lève, longtemps à l'avance, tu sais ce que je pense. Tu sais quand je marche et quand je me couche, et tu connais toutes mes actions. Je n'ai pas encore ouvert la bouche, tu sais déjà tout ce que je vais dire ! Tu es derrière moi , tu es aussi devant moi, tu poses ta main sur moi. Tu me connais parfaitement.Pour moi, cest trop beau, cela dépasse tout ce que je peux comprendre. Où aller loin de toi ?Où fuir loin de ton regard,? Si je monte au ciel, tu es là, si je me couche au milieu des morts, te voici. Si je m'envole sur les ailes du matin pour aller au-delà des mers , même là, tu me conduis par la main et tu me tiens solidement. Je peux dire:"je veux me cacher complètement dans l'obscurité. Que le jour devienne nuit autour de moi!" Mais pour toi, même l'obscurité est lumière, et la nuit est claire comme le jour. Obscurité ou lumière, pour toi, c'est la même chose. C'est toi qui as créé ma conscience, c'est toi qui m'as tissé dans le ventre de ma mère. SEIGNEUR, je te dis merci parce que tu m'as créé.Oui mon corps est étonnant et merveilleux. Ce que tu fais est magnifique, je le reconnais. Quand tu me formais dans le secret , quand tu me brodais dans la profondeur de la terre, tu voyais tout, rien n'était caché pour toi. J'étais à peine formé, tu me voyais déjà !"

Déjà, tu avais écrit dans ton livre le nombre de jours que tu allais me donner, et pourtant, aucun n'avait encore commencé !"

Isabelle Coutureau, Maire du Falga

Tu nous charmais par tes contes...

Nous garderons longtemps en mémoire les chouettes soirées où tu nous charmais par tes contes. D'ailleurs, la plupart des habitants du village parlaient de toi en disant "la conteuse". Les cloches de notre belle église ont sonné tristement le glas dimanche pour ton départ et c'est le genre de pétit détail avec lesquels tu enjolivais tes histoires. Alors,

au nom du Conseil Municipal et de la population de Saint Julia

je te dis Adieu, Anne-Marie


NINGUN CAMINO ES DEMASIADO LARGO

Chanson d'amour sudaméricaine anonyme, chantée par Aude, Flor, Elisa et Hugo

 

 

 

 

 

 

 

TRADUCTION

par Hugo Urrestarazu

Ningún camino es demasiado largo,

si lo recorro con vos de la mano,

si tu sonrisa mueve mis pies,

y si tus besos calman mi sed.

 

Dulces se han vuelto mis agonías,

liviano el yugo de mi dolor,

cómo serían mis alegrías

si tu escribieras mi historia de amor.

 

Voy por las calles mirando asombrado

la claridad que de pronto me has dado,

tú me devuelves la lucidez,

descubro el mundo por primera vez.

 

(Dulces se han vuelto... etc.)

 

Ya no hay tristezas, ni fríos, ni males,

ya no hay distancias, ni oscuros lugares,

no existe el miedo, ningún temor,

tienes quien te ame como te amo yo.

 

(Dulces se han vuelto... etc.)

 

Aucun chemin n'est trop long

si je le parcours avec toi, main dans la main,

si ton sourire déplace mes pieds

et si tes baisers étanchent ma soif

 

(Réfrain)

Mes angoisses deviennent des douceurs

le joug de ma douleur devient si léger

oh comment éclateraient mes joies

si tu racontais mon histoire d'amour

 

j'arpente les rues et regarde ébahi

la clarté que d'un coup tu me donnes:

tu me redonnes la lucidité

je découvre le monde pour la première fois.

(au réfrain)

Il n'y a pas de tristesses, ni froid, ni malheurs,

il n'y a plus de distances, ni sombres endroits,

il n'ya aucune crainte, aucune peur,

tu as quelqu'un qui t'aime, tel que je le fais.

(au réfrain)

Ma douce
Anne-Marie

Quand on s'est connus et notre amour venait de naître

tu m'as dit dans un rire éclatant :
 

« Fais attention, Hugo ! Je suis une femme sauvage ! »

Sans saisir alors le vrai sens de ton avertissement,

je me suis moqué de faire attention.
 

Après tout, notre bonheur commençait déjà

dans cette explosion de joie amoureuse

que jamais nous a quittés depuis !
 

Mais j'ai dû secrètement accepter ton défi.

Anneé après année, nos jours m'ont fait comprendre

ce que le mot « sauvage » voulait dire pour toi :
 

cette éxigence inébranlable

de vivre chaque jour

dans la beauté,

dans la vérité,

dans la quête permanente de sens,

dans l'intransigéance de l'amour

et de la dignité,

sans aucune concession,

quel qu'il soit le prix a payer.
 

Je te remercie de m'avoir prévenu,

parce que en marchant ensemble

sur ce chemin choisi

on a laissé bien quelques plumes

sans fléchir un seul instant.
 

Mais je voulais te dire que, pour moi,

c'est la vie qui a été parfois sauvage

avec nous et avec les nôtres,

mais jamais toi, ma bien aimée.
 

Toi, qui n'es que douceur,

que tendresse,

que source inépuisable de vie !
 

Tu es plutôt la Femme « vraie »

la « pasionaria »

c'est ainsi que je t'ais compris.

 

Compañera de mis días y de mi porvenir !

 

Hugo Urrestarazu

(le poign gauche levé)

 

(Attention à l'appel) :

Compañera Anne-Marie !

(tous) PRESENTE !

 

Compañera Anne-Marie !

(tous) PRESENTE !

 

AHORA !

(tous) Y SIEMPRE !

 

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Ton âme au pied du saule pleureur
Au bord du Lac Saint Férréol (Commune de Revel, 31), près de la rigole qui alimente le bassin.